Publié : 12 décembre 2012

LEVER DE RIDEAU sur les BTS AG PMEPMI 2ème année

Les étudiants de BTS se mettent au théâtre.

Ils l’ont fait !
Ils ont relevé, eux aussi, comme un certain nombre de leurs camarades de pré-Bac au Lycée, le défi du théâtre ! Applaudissements !
La tâche n’est pas aisée et requiert de nombreuses qualités physiques et mentales, mais le résultat est là et nous pourrons l’admirer lors de la remise des diplômes des BTS le Jeudi 13 décembre à partir de 18h.
Pourquoi, vous demanderez-vous peut-être, faire du théâtre en BTS ? Y a-t-il un rapport quelconque entre le BTS et le théâtre ? Ces étudiants ont-ils eu une approche spécifique de cet art ?

Une approche progressive : des « vire-langue » à la gestuelle, de l’écriture au jeu.

Un comédien, Bruno Delahaye, est venu travailler une fois par semaine tout un après-midi durant plus d’un mois avec les étudiants de cette section et certains de leurs Professeurs : Mmes Lhuillier (l’instigatrice de ce beau projet), Haudrechy et Andrieux, et M. Domergue.
Les séances se sont déroulées progressivement entre échauffements et jeux théâtraux.

Séance 1 : La rencontre avec le théâtre et l’attention portée à l’autre, où l’on apprend : que c’est indispensable de ne pas porter de talons hauts pour faire du théâtre, que la concentration est fondamentale et que la langue peut fourcher et le front se fâcher…

Séance 2 : Travailler sur et avec sa voix, où l’on apprend : que son identité passe par sa voix, et que les noms de légumes peuvent servir à bien des choses inattendues…

Séance 3 : Travailler sur et avec son corps, où l’on apprend : que la démarche en dit long sur un personnage et que la déformation de son corps permet même de le créer…

Séance 4 : Faire passer des émotions grâce à sa voix, son corps, sa gestuelle, où l’on apprend : que la respiration donne un sens, une valeur à la parole, que le geste peut aussi avoir ses accentuations, comme la phrase, que l’énergie du jeu et l’élan du geste sont au service d’une intention et d’un sens…

Séance 5 : Ateliers d’écriture et jeu en Français et en Anglais d’un certain nombre de saynètes s’appuyant sur des situations réelles d’entreprise, où l’on apprend comment passer des saynètes à la scène, et où de fortes personnalités se révèlent dans l’incontestable plaisir du jeu…

De forts liens entre l’art théâtral et la réalité de la vie d’entreprise.

Mais oui, bien sûr, ces deux mondes qui pourraient sembler éloignés peuvent bien évidemment se nourrir et se rejoindre sur un même plateau. Le réinvestissement des découvertes et des méthodes purement théâtrales peut se faire avec profit dans des situations de jeu plus spécifique.
Prenons comme exemple des gestuelles étudiées et travaillées lors d’improvisations : la poitrine creusée de telle étudiante qui s’agrippe désespérément à son sac à main, une jambe tremblante, semble-t-il impossible à maîtriser, présente sur scène l’image même du mal-être lors d’un entretien d’embauche, alors que la camarade qui lui donne la réplique, marche, sûre d’elle, à grandes enjambées, et s’exprime sur un ton fort cassant : assurément, c’est elle qui recrute et prend les décisions !
Et, tant en Anglais qu’en Français, les situations se sont succédées, cocasses, mais échos d’une réalité souvent vécue : deux collègues très différentes ont beaucoup de mal à s’entendre et mêlent leur chef à leurs difficultés ;un représentant est reçu par un employé qu’il prend pour le patron… Le vrai patron arrive ; deux employées reçoivent une cliente très mécontente… Elle ont chacune une manière radicalement opposée de réagir. Se sortiront-elles de cette situation délicate ? ; un jeune employé fraîchement diplômé prend son premier poste. Malgré ses efforts pour être bien perçu par ses deux collègues, son intégration se révèle beaucoup plus difficile que prévue ; un patron reçoit successivement deux personnes pour un entretien d’embauche. Les candidats ses suivent mais ne se ressemblent vraiment pas et semblent surtout ne pas convenir du tout au patron ; deux employés travaillent dans un bureau. L’un visiblement beaucoup plus sérieux que l’autre, se voit confier par son chef une tâche qui le dépasse pourtant complètement…
Imaginez les quiproquos et les coups de théâtre tous plus comiques les uns que les autres !...

Réciprocité et… plaisir !

D’un point de vue pratique, si l’on désire en trouver un, nous avons fait entrer le monde de l’entreprise dans des jeux théâtraux qui s’en sont nourri (à la suite d’illustres dramaturges, il est vrai…). Mais le théâtre aidera aussi certainement les étudiants à mieux analyser certaines situations réelles, des gestuelles, les leurs et celles des autres, à prendre de l’assurance tout en articulant mieux, donc à se faire mieux comprendre.

Quoi qu’il en soit, on doit mettre en relief la belle énergie, l’implication de ces étudiants, la qualité de leurs travaux… et le plaisir de tous travailler ensemble pour la réussite de ce beau projet ! Bravo ! Peut-être certains, pour lesquels le déclic aura eu lieu, continueront-ils cette activité ? Espérons aussi que le théâtre en Français et en Anglais pourra perdurer dans ces sections post-Bac…

Et en attendant, rendez-vous le 13 décembre !

Armelle ANDRIEUX, professeur de lettres