Publié : 31 décembre 2009

Atelier Théâtre-Danse : les Energ-humens

« Les jeunes gens s’imaginent que rien n’est plus facile à faire qu’une pièce de théâtre, ce qui est vrai. Mais rien n’est plus difficile à réussir. »

Les pensées, Alfred Capus.

Naissance d’un projet, par Gaetan Delsaux

Rentrée 2008,
Deux élèves de Terminale S, Gaetan et Claire décident de monter un atelier de théâtre au lycée.
Le but de cet atelier est de monter des matchs d’improvisation. Nous avons donc fait les démarches auprès de l’administration du lycée et avons commencé le recrutement dans le lycée. L’atelier est ouvert à tous, élèves comme enseignants ou encore membres de l’administration. Après quelques semaines, nous avons une troupe d’une quinzaine de personnes, mais cette troupe est plutôt motivée pour monter une pièce de théâtre. Nous avons donc cherché avec Claire ce que nous pouvions proposer comme pièce et nous avons lancé l’idée de ressortir notre projet de monter la comédie musicale « Moulin Rouge ».
Ce projet avait pris naissance trois ans plus tôt, lors d’une petite soirée entre amis...
Etant tombés d’accord, nous avons donc mis des affiches un peu partout dans le lycée comme quoi nous recherchions des comédiens, des danseurs et des musiciens afin de monter la comédie musicale « Moulin Rouge ».

Mise en place du projet :

  • Mi octobre. La troupe prend forme. Nous arrivons à une quinzaine de danseuses, une dizaine de comédiens et le même nombre de musiciens.

Le premier problème est arrivé pour les musiciens du fait qu’ils ne peuvent pas se voir pour répéter, ce qui a fait par la suite un effet de démotivation, ce qui a entrainé pour finir l’abandon de l’idée de faire jouer les musiques par des musiciens. Les musiques seront donc des bandes son.

La troupe se retrouve tous les vendredis soirs à la fin des cours pour répéter. Les répliques avaient été retravaillées par Claire et moi auparavant. Nous sommes partis des répliques du film, puis nous les avons réadaptées afin que la troupe puisse la jouer théâtralement. Nous avons donc une corde de moins à l’arc du projet.

Durant les premières répétitions, Claire a mis en place des exercices de théâtre, de prononciation et d’occupation de l’espace. Les danseuses quant à elles, sous les ordres de Noémie, commencent à réfléchir aux différentes chorégraphies. De mon côté, je me renseigne pour le fait de faire la représentation en extérieur, en s’appuyant sur la structure contemporaine du hall du lycée. Mais cette vision de la représentation est coûteuse. C’est pourquoi je fais la demande auprès de la région, par le biais de la Maison des Jeunes et de la Culture de Duclair afin de monter un dossier « envie d’agir », ce qui nous aurait permis de récupérer des fonds et du matériel. Mais le dossier monté, nous avons essayé plusieurs fois de recontacter la MJC, en vain.

  • Au mois de Novembre, nous pouvons enfin nous plonger dans la réalisation du projet : apprentissage des chorégraphies pour les danseuses, italienne puis mise en scène du début de la pièce pour les comédiens.

Mais vient un second problème, l’apprentissage des textes pour les comédiens. Beaucoup d’entre eux ne pensent pas que cette partie du théâtre est aussi compliquée. Nous avons donc un mois de novembre où les comédiens n’avancent pas beaucoup, et venant s’ajouter à cela plusieurs absences qui entrainent une démotivation de certains.

  • Le mois de décembre arrive et la troupe avance petit à petit : des progrès sont observés chez les danseuses, avec deux chorégraphies quasiment maîtrisées, et la mise en scène de la moitié de la pièce est maitrisée par les comédiens.

Nous partons donc sereins en vacances pour repartir en 2009 sur les chapeaux de roue. Pourtant, parallèlement aux travaux d’apprentissage, il y a de nombreux problèmes vis-à-vis de l’organisation : nous n’avons toujours pas trouvé de fonds pour financer le projet. De cela en découle le blocage des décors et des costumes. Par rapport aux costumes, Zoélie à tout préparer afin que dès que les fonds seraient débloqués, nous ne perdions pas trop de temps à savoir quoi acheter. Elle a dressé une liste de tous les costumes pour chaque personne, par rapport à ceux du film.

  • Courant février, les conditions des répétitions se sont dégradées au fil du temps. Certaines personnes ne viennent plus, handicapant les répétitions des autres, qui eux même ne viennent plus. Nous sommes rentrés dans un cercle vicieux, qui va mener tout droit à l’abandon.

C’est pourquoi j’ai envoyé un mail à tous les membres de la troupe afin de les remotiver, de dire où le projet en est, notamment en parlant de toute la partie administrative, car voulant que les membres de la troupe se consacrent à fond dans la création de ce projet, j’ai pris la décision de gérer tout ça tout seul. C’est de tout ceci que je leur ai parlé, car certains se plaignent de ne pas être assez au courant.

Les conditions se sont améliorées au retour des vacances, mais la troupe avance encore trop lentement : les danseuses ne maitrisent pas encore la totalité des danses et ne mettent pas encore assez de cœur en dansant, les comédiens ne connaissent pas encore tous leurs textes, les chants sont travaillés si le temps le permet, et la mise en scène n’est pas encore placée, faute de décors.

La bonne nouvelle arrive à ce moment là : le lycée et le FSE nous débloque 400 euros pour notre projet. Nous avons donc pu faire les repérages pour les costumes dans différents magasins et j’ai pu commencer les schémas pour les décors. Mais le temps de lancer tout cela, plusieurs comédiens ont préféré abandonner, soi disant pour ne pas subir l’échec du projet.

Assez désemparé par leur réaction, et avec Claire, nous avons décidé d’envoyer un mail à la troupe afin de mettre les choses au clair. Nous leur avons dit qu’à un gros mois de la représentation, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre encore du temps avec des gens pas motivés. C’est pourquoi nous avons dit que les gens qui restent doivent être motivés, doivent croire au projet, et donc par conséquent que ceux qui ne sont pas dans ce cas doivent partir tout de suite. Ce mail n’a pas eu les retombés qui étaient attendues. Au lieu de remotiver la troupe, nous avons perdu la moitié des comédiens, dont le rôle principale, celui de Satine.

  • La première semaine des vacances de printemps, nous sommes allés, Noémie, Zoélie, Marie-Lou et moi-même dans une friperie sur Rouen afin d’acheter les costumes. Après une après midi à fouiller les moindres recoins à la recherche de la perle rare, nous sommes ressortis avec 20kg de costumes pour 215 euros. Dans ces 20kg, nous avons tous les costumes pour les danseuses, ainsi qu’une grande partie de ceux des comédiens (manteaux / chapeaux / chaussures). Claire et moi avons récupéré le plus d’éléments de décors possible afin d’avoir des bonnes répétitions la deuxième semaine.

En effet nous avons prévu de répéter deux jours au lycée dans le hall, lieu de notre représentation. L’intérieur du hall à été préféré à l’extérieur pour la simplicité : nous avons le sol permettant aux danseuses de ne pas se faire mal, l’intérieur du hall permet de placer nos trois scènes, et la sonorisation sera plus facile à faire. La CPE de notre lycée, nous a beaucoup soutenu à ce moment là. Habitant dans le lycée, c’est elle qui nous permet de rester plus tard le soir aux répétitions, et c’est elle qui nous permet de pouvoir répéter pendant les vacances. Elle nous a aussi prêté des tables et des chaises du lycée, qui jouent un rôle important dans l’occupation de l’espace dans la scène du moulin.

L’arrivée des costumes aux répétitions a littéralement transformé les membres de la troupe. Les danseuses sont ravies de leurs costumes, les comédiens se sont tout de suite appropriés les chapeaux et les manteaux. Le hall est métamorphosé avec nos décors : nous sommes enfin dans des conditions optimales pour répéter.

Ces deux jours de répétitions ont été un pas de géant pour le projet. Nous avons tout d’abord fait les changements afin de remplacer les rôles vacants libérés quelques jours plus tôt, les personnages secondaires ont été délaissés pour les rôles principaux. Claire a été obligée de se mettre dans le rôle de Satine, c’est la mieux placée pour reprendre ce rôle, étant donné quelle connait une partie des répliques et surtout la grande partie de la mise en scène. Le premier jour nous avons répété danseuses et comédiens séparément afin de voir si nous changements fonctionnaient. L’après-midi du deuxième jour, nous avons fait un filage de la totalité de la pièce, dans les décors, avec les différents changements de costumes, et sans les textes en mains. Mise à part quelques problèmes dans les dernières scènes, ce qui est toujours le cas dans la réalisation d’une pièce de théâtre, nous sommes presque prêts. Nous avons aussi fait des affiches afin de sensibiliser les élèves du lycée au spectacle qui aura lieu le 22 mai.

  • Aujourd’hui, nous sommes à un mois de la représentation. Le bilan est plus que positif : nous avons tous les costumes, nous avons la plus grande partie des décors (le reste étant les petits détails), il reste encore un petit peu de travail sur la fluidité des scènes finales mais l’ensemble est plus que satisfaisant, les danseuses s’améliorent à chaque répétition par le fait qu’elles ne pensent plus au pas qu’elles connaissent par cœur à présent, par conséquent elles prennent vraiment plaisir à danser et s’épanouissent de jours en jours. Nous avons des coiffeuses / maquilleuses bénévoles qui viendront nous aider le soir de la représentation afin de facilité les différentes « transformations » des danseuses. La partie sonorisation / éclairage sera assurée par un ami disc-jockey. Nous allons essayer de faire participer le public présent à certains moments le soir de la représentation afin de pouvoir gagner du temps pendant les « rush » des costumes. Nous allons installer aussi quelques personnes du public en plein milieu de la scène, dans le coin « cabaret ». Deux amis de l’atelier audiovisuel du lycée filmeront : l’un filmera le spectacle proprement dit et l’autre sera dans les coulisses, le but étant de faire un montage une fois le projet fini pour garder un maximum de souvenirs.
LE SPECTACLE « Moulin Rouge »

Pourquoi avons-nous choisi Moulin Rouge ? C’est un des nos films préférés, et nous nous retrouvons beaucoup dans ce film, dans des personnages différents.

Moulin rouge raconte l’histoire du Paris de la Belle Epoque, à la fin du XIXème siècle, où Christian, jeune poète désargenté, s’installe dans un quartier de Montmartre. Il découvre un univers où se mêlent sexe, drogue et french cancan, mais se rebelle contre ce milieu décadent en menant une vie de bohème. Il fait alors connaissance du peintre Henri de Toulouse-Lautrec et est embauché pour rédiger le livret d’une revue. C’est là qu’il tombe amoureux de la courtisane Satine, une meneuse de revue star du Moulin Rouge également convoitée par le Duc de Monroth, aristocrate aisé qui assure le financement du projet.

C’était vraiment « SPECTACULAIRE, SPECTACULAIRE ! »

Projet théâtral de 2009- 2010.

A la fin du spectacle de fin d’année, le 22 Mai 2009, beaucoup de membres de la troupe ont été affectés par le fait qu’on ne puisse faire qu’une représentation. Nous nous sommes revus le lendemain du spectacle pour célébrer comme il se doit notre triomphe sur scène et notre grand succès au sein du lycée. Mais il était impossible de refaire une date de spectacle en vue du baccalauréat qui nous attendait.

A l’aide des bandes vidéo que nous avions réalisées pendant le spectacle, nous nous sommes mis en tête de faire un film de la pièce de théâtre Moulin Rouge, afin que chacun puisse garder un souvenir de cette journée, unique pour nous.

Une partie de la troupe s’est revue pendant l’été.
Le film n’est pas d’une très grande qualité, par manque de moyen et de caméra.
Nous étions en plein dans les vacances scolaires, lorsque Gaetan Guerout, qui avait joué le rôle de Toulouse, ressenti le besoin d’écrire quelque chose, une ébauche de roman, intitulé Moulin Rouge, Les chiennes se déchaînent. Après deux à trois pages il a proposé à Gaëtan Delsaux de se joindre à cette idée. C’est ainsi qu’est né ce projet fou de faire une suite au film Moulin Rouge.

Après approbation du chef d’établissement, nous avons mis en œuvre des démarches administratives afin de présenter le projet aux élèves intéressés. Le 22 Septembre 2009, nous avons fait une réunion d’informations visant à recruter des personnes motivées ou passionnées par la danse, le chant et le théâtre. A notre grande surprise, nous avons constaté qu’une cinquantaine de personnes s’étaient déplacées afin de venir écouter nos propositions.

A SUIVRE ...